Le Mas du Four – Le Cannet des Maures
Présents :
PACA
Nathalie Allégatière, Jessica Blanc, Arabel Borel, Annie Bunzl, Christiane Camelio-Laurent, Helen Diaz, Sabine Colombe, Françoise Fourault-Sicars, Pauline Joustra, Carolyn McBride-Nafziger, Teresa Montagnon, Elisabeth Petit, Caroline Purcell, Isabelle Schoene, Wolfgang Schoene.
Languedoc – Roussillon (LR)
Marie-Claire Britton, Florence Ludi, Uwe Markatsch, Kirsty Snaith.
Invité :
Jean-Bernard Quicheron – membre de la Chambre Belge des Traducteurs et Interprètes (CBTIP).
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Ordre du jour :
- Comment peut-on « travailler moins pour gagner plus » ?
- Collaboration entre collègues
- Divers
Après un rapide tour de table, Wolfgang Schoene remercie la délégation Languedoc-Roussillon de sa présence. On accueille avec plaisir un nouveau membre, Teresa Montagnon. Avant que nous n’abordions l’ordre du jour, Sabine Colombe nous présente Jean-Bernard Quicheron, ancien traducteur à la Commission Européenne qui a longtemps travaillé sur les appels d’offres de traduction émis par la CE. En vacances dans la région, il a accepté de venir nous parler de son expérience.
1) Comment peut-on « travailler moins pour gagner plus » ?
Il n’y a pas de formule magique… Wolfgang conseille d’établir un prix de base au-dessous duquel on refusera de descendre, que l’on peut éventuellement moduler selon le type et la difficulté du projet. Sabine explique qu’elle s’est fixé un tarif horaire qu’elle attend gagner quel que soit le travail. Sabine et Jessica affirment qu’un tarif horaire est une solution efficace et compréhensible pour les clients.
Chacun doit apprendre à négocier avec le client et, surtout, se montrer cohérent dans son discours tarifaire, ne pas se dévaloriser. Il faut aussi essayer d’augmenter nos prix régulièrement.
Les représentants de la délégation LR indiquent que les tarifs de base sont généralement plus bas dans leur région. Ils essaient donc de mettre l’accent sur la qualité afin de cibler les clients prêts à payer un prix correct.
Comme l’expliquait Chris Durban dans la formation « Comment se constituer une clientèle », nous devons trouver suffisamment de clients qui nous payent bien. Dans cette optique, on peut distinguer 3 types de clients : 1) celui qui ne regarde que le prix, 2) celui qui regarde le prix et la qualité et 3) celui qui ne regarde que la qualité. Comment trouver les bons clients ? Par un mailing ciblé ou même par le biais de collègues. Les marchés de niche sont aussi une solution.
Avec les agences, nous devons refuser les remises sur la quantité car c’est notre temps et notre compétence que nous vendons. Sachons nous défendre et argumenter : l’avocat, le notaire, etc. ne font pas de remises. D’ailleurs, il est toujours préférable de travailler avec des clients directs, ce qui permet 1) d’avoir le même interlocuteur pour tous les travaux, gage de cohérence terminologique et donc de qualité, 2) de discuter prix et délais, et 3) d’établir un rapport de confiance.
Quelques solutions pour augmenter sa productivité :
- Se doter d’outils appropriés : programme de traduction assistée par ordinateur (TAO) ; reconnaissance vocale ; indexation du disque dur (Copernic, Archivarius, Google Desktop) ; faire des sauvegardes tous les soirs ; prévoir un ordinateur de secours, etc. ;
- Demander un prix adéquat pour des travaux qui réclament beaucoup de recherches, éviter les projets exigeant trop de recherches par rapport au prix offert ; ne pas accepter des travaux dans des domaines qu’on ne maîtrise pas ;
- Eviter la publication assistée par ordinateur (PAO), qui demande énormément de temps et d’énergie ainsi que des connaissances spécifiques ;
- Bien préparer son travail : dictionnaires, site web, catalogue, demander des glossaires, etc. ; avoir une liste de collègues à consulter pour renseignements et conseils (forums) ;
- Relecture réciproque avec des collègues qui apportent un « autre regard » ;
- Ne pas perdre de temps avec la comptabilité.
2) Collaboration entre collègues
La collaboration entre collègues peut être de deux types : 1) collaboration directe avec un collègue, ou 2) création d’un groupement de traducteurs pour répondre à un appel d’offres.
Dans le premier cas, il est important de bien définir le cadre de la collaboration :
- Le collègue est-il en règle avec le code du travail (URSSAF, assurances éventuelles) ?
- Prix, délais, volume du travail, méthode/logiciel de décompte des mots (source/cible),
- Modalités de facturation et de paiement,
- Risque de se faire « voler » le client, comment se protéger,
- Relecture ? Croisée ? Externe ?
- Risque commercial : si le client ne paie pas ?
- Pénalités éventuelles en cas de travail insatisfaisant,
- Marge commerciale,
- Qui intervient pour l’arbitrage en cas de litige ? Médiation SFT ?
Conclusion : il est fortement conseillé de formaliser tous les détails de la collaboration par un bon de commande ou un e-mail.
Concernant le deuxième cas, notre invité Jean-Bernard Quicheron souligne que répondre à un appel d’offres en tant que groupement de traducteurs est un exercice très complexe.
La Commission Européenne émet des appels d’offres quand elle ne dispose pas des ressources nécessaires en interne. De nombreux traducteurs indépendants travaillent pour la CE. La première étape d’élimination des candidats est purement formelle : présentation de l’enveloppe, présence de tous les documents demandés.
Pour nous aider à fixer nos tarifs, nous pouvons consulter des collègues ou appeler le directeur de la section free lance à la Direction Générale de Traduction (DGT) pour lui demander des fourchettes de prix. Les tarifs proposés doivent couvrir le temps passé sur 1) la recherche terminologique, 2) la traduction elle-même, 3) la révision du travail, et 4) la gestion du travail.
Il est important de s’assurer que le groupement pourra garantir l’organisation du travail (envisager d’embaucher une secrétaire et intégrer ce coût aux tarifs), la qualité globale du travail (relecture croisée, etc.) et les délais. Il faut lire attentivement tous les documents de l’appel d’offres et, surtout, réfléchir à nos disponibilités car il s’agit souvent de gros volumes. Nous pouvons aussi simplement répondre à des lots (appel d’offres partiel).
J.B. Quicheron souligne l’importance de la qualité. Sur une note moins positive, il nous dit n’avoir jamais vu un groupement de traducteurs libéraux emporter un appel d’offres de la CE.
Conclusion : pour créer un groupement de traducteurs, notre invité souligne qu’il faut 1) travailler dans des domaines complémentaires, 2) définir clairement les modalités de collaboration et 3) se faire confiance mutuellement.
3) Divers
Nouvelles de la région Languedoc Roussillon : la région LR s’est dotée d’une nouvelle organisation avec une présidence « tournante » et plusieurs comités (communication, veille technologique, formation, fêtes, etc.). Ceci crée parfois des problèmes de coordination mais la région est globalement dynamique. Elle compte environ 30 membres et les réunions se tiennent tous les trois mois, en général à Montpellier, réunissant une douzaine de personnes. La région LR vient de créer une liste de discussion. Elle espère envoyer quelques membres à la prochaine réunion PACA, à Avignon.
Sur demande de la délégation L/R, il a été envisagé et finalement décidé que les listes de discussion L/R et PACA soient ouvertes à tous les adhérents des deux régions.
En octobre dernier (2007), Françoise Fourault-Sicars a fait un exposé intitulé « Masculin, féminin - Entre snobisme et parité » dans le cadre de la 14ème rencontre du réseau franco-allemand, à Nice. Cet exposé a été repris dans le dernier numéro de Traduire n° 216.
Quelques idées pour le prochain ordre du jour :
- Discussion sur les logiciels de facturation
- L’ergonomie au travail
Rappel des prochaines réunions L-R :
09 septembre, 13 décembre
Rappel des prochaines réunions PACA :
20 septembre, 15 novembre