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Entretien avec Jean-Christophe Salaün, lauréat 2014 du prix Pierre-François Caillé
le 04-12-2015
par La Commission Actualités

Alors que la cérémonie de la remise du prix Pierre-François Caillé de la traduction 2015 aura lieu ce soir à l’Institut hongrois à Paris, la SFT s’est entretenue cette semaine avec Jean-Christophe Salaün, le talentueux lauréat de l’an passé. Récompensé pour sa traduction depuis l’islandais de La Femme à 1000° de Hallgrimur Helgason, il revient notamment pour nous sur sa découverte de cette langue une nuit d’insomnie, sa formation de traducteur à Reykjavik et sur sa perception du prix Pierre-François Caillé.

 

La naissance de votre vocation pour l’islandais est assez atypique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je suis tombé par hasard une nuit d’insomnie sur un clip vidéo du groupe islandais Sigur Ros diffusé sur Arte. J’ai immédiatement été happé à la fois par leur univers musical et la sonorité, la musicalité, la rythmique de la langue. Séduit et intrigué, j’ai commencé à m’intéresser peu à peu à l'islandais. Plus je découvrais cette langue, plus j’en apprenais sur l’Islande et plus je tombais sous le charme du pays.

Qu’est-ce qui vous attirait particulièrement dans l’islandais ?

L’islandais est une langue dont on peut dire qu’elle a été presque littéralement « conservée dans la glace » ! De par la situation géographique du pays, elle a été à l’abri des échanges linguistiques qui ont agité l’Europe au fil du temps. C’est une langue dont la structure grammaticale est restée figée, assez systématique – elle a conservé ses déclinaisons, ce qui fait qu'on retrouve les mêmes terminaisons, les mêmes sons dans beaucoup de mots, et lui confère une certaine musicalité. De même, les Islandais créent régulièrement des néologismes pour que leur langue réponde aux problématiques modernes tout en évitant d'avoir recours à des mots d'emprunt. Tout cela participe à donner à l'islandais une sonorité très particulière.

Vous aviez vous-même commencé des études d’anglais. Comment s’est faite la transition vers l’islandais ?

J’avais la chance d’être étudiant à l’université de Caen qui proposait des cours d’islandais, que j’ai suivis en auditeur libre durant deux ans tout en poursuivant ma licence d’anglais en parallèle. J’ai eu ensuite la possibilité de partir étudier un an à Reykjavik avec le programme Erasmus. Une fois sur place, j’ai pu bénéficier d’une bourse d’études pour les étudiants étrangers s’intéressant à la culture islandaise, grâce à laquelle j’ai entamé une licence d’islandais, suivie d’un master de traductologie à l’université d'Islande. Je suis finalement resté six ans là-bas !

 

Et l’aventure de La Femme à 1000° ?

J’ai eu vent que les éditions Presses de la cité cherchaient un traducteur grâce à un tweet que m’avait fait suivre une amie. J’ai envoyé quelques extraits de mon travail à la directrice des traductions, Florence Noblet, qui m'a ensuite proposé de traduire une trentaine de pages du roman à titre d’essai. Eric Boury, un des traducteurs d'islandais les plus réputés en France, a accepté de relire ces trente pages et m'a grandement encouragé. Florence ayant été satisfaite de mon travail, notre collaboration a commencé. Elle m’a beaucoup soutenu tout au long du processus.

Aviez-vous à l’époque connaissance du prix Pierre-François Caillé ?

Non, c’est Florence qui m’en a parlé. Elle cherchait depuis quelques années à soumettre un ouvrage mais les conditions n’étaient jamais entièrement réunies pour pouvoir en proposer un. La Femme à 1000° remplissait pour la première fois tous les critères en plus des défis liés au travail de traduction que le roman contenait. L’auteur utilise une langue très inventive dont il fallait essayer de rendre toutes les subtilités, la créativité et l’humour.

Avec le recul, quel souvenir gardez-vous de la remise du prix ? Celui-ci a-t-il eu un impact direct sur votre carrière ?

La cérémonie m’a semblé être passée très vite mais c’est peut-être parce que je suis arrivé en retard à cause de problèmes de train ! Plus sérieusement, ça a été un moment très intense pour moi, avec la présence de l’auteur, des éditrices, des membres du jury. J’en garde le souvenir de beaux échanges, j’étais très heureux de pouvoir discuter avec autant de monde. Ça a été aussi pour moi l’occasion de découvrir les problématiques du métier de traducteur pragmatique. C'est le même métier, mais qui peut prendre une myriade de formes différentes. Il m’est difficile de dire si le prix a eu un impact direct sur ma carrière, par contre j’ai reçu des messages de félicitations de la part d’éditeurs, il n'est donc pas passé inaperçu. Quoi qu’il en soit, je suis très heureux et très fier d’avoir été récompensé, c’est extrêmement flatteur que mon travail ait été reconnu par d’autres professionnels de la traduction. Je trouve que ce prix est un formidable moyen de mettre en avant le métier de traducteur.

 

Jean-Christophe Salaün a traduit six autres romans depuis La Femme à 1000° et présenté le prix Pierre-François Caillé de la traduction aux côtés de la SFT au dernier Salon du livre de Paris.

Retrouvez le nom du lauréat 2015 du prix dès lundi 7 décembre sur le site de la SFT.




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