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SFT - La traductrice judiciaire, héroïne de polar, débarque dans les médias
le 12-05-2017
par Commission Experts Judiciaires

La traductrice judiciaire, héroïne de polar, débarque dans les médias – ou l’histoire de Patience et Jérôme

 

Paris, le 11 mai 2017 – Hannelore Cayre, avocate pénaliste de métier et écrivaine par passion, vient de publier aux éditions Métailié son cinquième roman, La Daronne, lauréat du prix Le Point du polar européen. Son récit et sa plume ébouriffants suscitent un vif engouement. Aussi Hannelore Cayre multiplie les interviews, ce qui propulse sur la scène médiatique le métier de son héroïne, Patience Portefeux : interprète et traductrice judiciaire payée « au black ». Une mise en lumière bienvenue, vu la méconnaissance des conditions d’exercice de ces auxiliaires de justice, estime la Société française des traducteurs (SFT), syndicat professionnel, puisque c’est là l’occasion parfaite de rappeler l’existence des Jérôme Portepaix, en règle de leurs cotisations – et de longue date.

 

 

Nier dans la vraie vie la condition des « Patience Portefeux » qui, jusqu’au 31 décembre 2015, travaillaient en effet au noir pour le ministère de la Justice serait se voiler la face. Rassurons-nous cependant et n’oublions pas l’autre partie du tableau. Car tous les auxiliaires de justice ne sont ou n’étaient pas des travailleurs illégaux pris au hasard pour intervenir dans le cadre des procédures. Il y a aussi les Jérôme Portepaix, ces traducteurs ou interprètes professionnels, inscrits sur les listes d’experts, qui exercent une activité indépendante et ne vivent pas uniquement de leurs missions pour la Justice. Depuis toujours, ils travaillent dans la légalité et respectent l’éthique du métier en payant leurs propres cotisations sociales sur le montant de leur rémunération.

 

Nous sommes donc loin de cette affirmation d’Hannelore Cayre parue dans Libération le 24 mars 2017 : « Alors, certains ont des sociétés de traduction et font des factures mais sans payer de charges sociales, ce qui leur permet de très bien gagner leur vie mais pas d’assurer leur retraite. » Précisons au passage que les auxiliaires de justice sont rémunérés 30 €/h brut (contre 70 €/h en Allemagne par exemple). Si c’est au noir, oui, ça peut finir par compter – quoique pourquoi décider en ce cas de devenir La Daronne ? Si l’on déclare ses revenus, la situation est nettement moins reluisante. Ces prestations pour la Justice pourraient même apparaître comme un service à la société.

 

 

Vers une régularisation de la situation et actions de la SFT

 

De nombreux traducteurs et interprètes, comme Patience, exercent cette fonction à titre exclusif, hors cadre réglementaire ou en complément d’une activité salariée, avec titre d’expert (assermentés) ou sans (prêtant serment au cas par cas). Et leur situation était effectivement bien ambiguë et précaire au regard de leur couverture sociale qui, jusqu’au 1er janvier 2016 était nulle dès lors que ces intervenants n’avaient pas adopté eux-mêmes un statut juridique leur permettant de cotiser et de se couvrir. Puis la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme, le Garde des Sceaux s’est emparé du sujet, une solution a été trouvée. Désormais, le ministère de la Justice paye en effet les charges sociales. Hannelore Cayre l’évoquait chez Augustin Trapenard, le 17 avril dernier, sur France Inter.

 

Ladite solution est toutefois imparfaite. De fait, le nouveau décret affiliant d’office au régime social général tous les prestataires – pour remédier à la précarité des auxiliaires illégaux – est défavorable à ceux qui étaient déjà en règle : ils se retrouvent à faire l’objet d’un double assujettissement et d’une polycotisation. C’est pourquoi la SFT discute depuis plusieurs mois avec la Chancellerie pour défendre la condition des Jérôme Portepaix. Ses commissions Experts judiciaires et Normalisation interviennent auprès de l’Afnor pour définir une norme encadrant la profession. Et depuis 70 ans, le syndicat milite pour la professionnalisation des métiers de la traduction et de l’interprétation. Son code de déontologie en est un gage. D’ailleurs, s’il est amusant de les voir figurer au rang des agents doubles en puissance et de faire l’objet de fantasmes scénaristiques à la 007, Patience et Jérôme, hors fiction, sont évidemment tenus au plus strict secret professionnel.

 

Hannelore, Sabrina et Augustin Portevoix, entre autres, sont des journalistes et avocats passionnés dans l’âme. Ils savent même que #LesTraducteursExistent et nous les en remercions. Qu’ils se souviennent aussi voire puissent rappeler à l’occasion que d’autres passionnés, traducteurs ou interprètes ceux-là, sont des professionnels déclarés depuis la première heure de leur exercice, au service de la société, de la Justice et des justiciables.

 

 

 

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Pour rectification

Suite à l’article paru dans Libération

Dans l’entretien accordé à Libération et paru le 27 mars 2017, Hannelore Cayre précise : « la présidente du syndicat des traducteurs me l’a confirmé [que ces professionnels n’ont pas de retraite, qu’ils ont passé leur vie à travailler au noir], m’a dit qu’ils ont fait mille recours auprès du Conseil d’État, tous gagnés, mais l’État ne peut pas payer, c’est trop cher. » La Société française des traducteurs (SFT), fondée en 1947, est le seul syndicat français entièrement consacré à la cause des professionnels des métiers de la traduction. Un président est à sa tête depuis 2013 – successivement Graham MacLachlan et Björn Bratteby. Aucun ne s’est entretenu avec Hannelore Cayre. Et la SFT ignore de quels recours il s’agit ici ; les seuls qui lui viennent à l’esprit – et qu’elle n’a pas déposés – ont été perdus.

 

Pour information

Le métier de traducteur-interprète

Le traducteur intervient à l’écrit ; l’interprète, à l’oral. Quand ils sont « judiciaires », tous deux prêtent leur concours à la Justice, dans l’intérêt de la société et des justiciables – à pas d’heure, dans l’urgence, parfois dans des situations bel et bien rocambolesques. Ils interviennent dans les affaires civiles, pénales, commerciales ou administratives. Toute personne suspectée et poursuivie, victime, témoin ou partie civile qui ne comprend pas la langue française a droit à l’assistance d’un interprète et à la traduction des pièces essentielles du dossier. Ces auxiliaires de justice jouent donc un rôle capital.

 

Pour contexte

La Daronne et ses mérites

Dans La Daronne, Hannelore Cayre donne vie à Patience Portefeux, veuve, mère de deux enfants et fille d’une mère atteinte de démence. Aussi bilingue français-arabe, l’héroïne intervient comme interprète puis traductrice pour le ministère de la Justice, qui la paye au noir. Ce roman policier a ainsi le double mérite de nous plonger dans le quotidien du métier méconnu de traducteur-interprète judiciaire et d’aborder des problèmes bien réels : manque de moyens du système judiciaire français, sélection des interprètes parmi des relations au lieu de faire appel à des professionnels inscrits sur les listes des experts, contrôle insuffisant des qualifications, pour n’en citer que quelques-uns.

 

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Pour aller plus loin


-          À lire ou écouter :

 

-          À savoir :

« Le Conseil d’Etat considère qu’eu égard aux conditions dans lesquelles ils exécutent leur mission, la nature de leurs relations avec l'Administration et les modalités de leur rémunération, les interprètes-traducteurs collaborateurs du service public de la justice doivent être regardés comme agissant de manière indépendante (au sens des dispositions de l'article 256 A du code général des impôts). Ces personnes exercent donc une activité entrant dans le champ d'application de la TVA et imposable par nature. »

 

-          À garder sous le coude :

 

-          À découvrir :

 

 

Pour nous contacter

 

 

À propos de la SFT

Syndicat professionnel créé en 1947, la Société française des traducteurs (SFT) rassemble, informe et soutient les traducteurs et interprètes, défend leurs intérêts, et met en lumière leur savoir-faire. Ses commissions représentent les nombreux visages et réalités des métiers de la traduction. Indépendants, salariés, experts judiciaires, traducteurs techniques, rédactionnels ou littéraires, interprètes de conférence, enseignants et chercheurs, étudiants ou encore retraités, les près de 1 600 adhérents de la SFT sont tous signataires d’un code de déontologie.

Premier groupement de professionnels du secteur en France, le syndicat forme une interface naturelle avec donneurs d’ordre, pouvoirs publics et des organismes tels que la CIPAV, le FIF-PL ou l’AFNOR. La SFT est membre fondateur de la Fédération internationale des traducteurs (FIT) et membre de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL).

Œuvrant à la professionnalisation et à la spécialisation des praticiens, la SFT propose tout au long de l’année des formations et évènements variés, sur l’ensemble du territoire français, et publie sur des thèmes riches. Le syndicat entretient également des liens étroits avec ses associations sœurs, d’éminents partenaires institutionnels, ainsi qu’avec les écoles et universités qui forment les traducteurs et interprètes de demain. www.sft.fr




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