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SFT – Prix Pierre-François Caillé de la traduction 2020 : trois traductrices en lice
le 01-12-2020
par Prix Pierre-françois Caillé De La Traduction

Sarah Davies Cordova, pour sa traduction de l’anglais de Mère à mère, de Sindiwe Magona, aux Éditions Mémoire d’encrier.

 

Il aura fallu attendre deux décennies pour enfin apprécier la traduction en français de l’ouvrage Mère à Mère, considéré comme l’un des plus grands romans d’Afrique du Sud. Son autrice Sindiwe Magona, première écrivaine sud-africaine noire née dans les années quarante, s’est inspirée d’un fait divers réel. « Mon fils a tué votre fille » : ainsi débute l’histoire de Mandisa qui a enfanté un assassin et qui décide d’écrire une lettre à cette mère endeuillée.

 

« C’est l’occasion de plonger en plein apartheid, mais cette fois depuis l’intérieur », détaille Suzanne Boizard. « En racontant son enfance et sa vie, Mandisa déroule son fil rouge, celui de la violence de la société, envers les femmes notamment. En parallèle, le récit plein d’humanité, écrit à la première personne, dégage quelque chose de charmant de ce quotidien. » La douleur et la peine se traduisent surtout à travers une atmosphère, plus qu’avec l’utilisation d’un champ lexical orienté. « La traductrice a réussi à maintenir avec habileté un équilibre entre cette chaleur maternelle et la violence ambiante. » Si Suzanne Boizard aurait préféré le titre « De mère à mère », Sylvie Escat le valide pour son jeu de mots « Mère amère ». « Il a sûrement été assez difficile de trouver des équivalences à certains termes ou expressions locales ». La traductrice a d’ailleurs décidé de les mettre en italique dans le corps du texte et de rédiger des notes de bas de page. « Malgré quelques fautes de français, des choix de mots étranges et des expressions maladroites, l’on retrouve des expressions imagées très efficaces, décalées, voire drôles notamment sur la maternité et la condition féminine, qui sont les deux substrats de ce beau récit ».

 

 

Raphaëlle Lacord, pour sa traduction de l’allemand de Tout est toujours beau, de Julia Weber, aux Éditions de l’Aire.

 

S’évader par tous les moyens face à un quotidien bien trop lourd à porter. C’est la décision de Maria, une mère célibataire, en mettant les voiles ; et d’Anaïs et Bruno, ses enfants livrés à eux-mêmes, qui feront de leur imagination fertile un rempart au monde extérieur. Julia Weber sort son premier roman, à la fois drôle et triste, poétique et tragique.

 

Cette phrase aux accents cyniques, « tout est toujours beau », est prononcée par Bruno dès l’entrée de l’intrigue. Mais pour ce petit garçon, rien n’est vraiment très beau. « La traduction du titre conserve ce deuxième degré qui sous-tend l’histoire », reconnaît Maryvonne Simoneau. « Cependant, l’on remarque beaucoup de calques, de fautes grammaticales et une ponctuation aléatoire ». Les mots sont simples, mais toujours à double-fond, à l’image des sentiments – comme la détresse notamment – qui ne sont jamais explicités. « Les phrases commencent régulièrement par les mêmes mots conférant au texte un aspect incantatoire, tels des mantras lyriques qui renforcent le contraste entre une réalité sordide et leur monde imaginaire », souligne Bernhard Lorenz. « La traductrice est méritante car la base n’est pas évidente et en allemand, la frontière est fine entre un langage enfantin et un langage précieux. Raphaëlle Lacord a su préserver cette force brute du récit, souvent déroutante ».


Tout est toujours beau a reçu de nombreux prix dont le Prix international de littérature Franz Tumler et a figuré parmi les finalistes du « Goncourt » suisse, le Schweizer Buchpreis.

 

 

Emma Lavigne, pour sa traduction du russe de Zahhâk, le roi serpent, de Vladimir Medvedev, aux Éditions Noir sur Blanc.

 

Zahhâk, un célèbre tyran sanguinaire du Livre des Rois – un classique de la littérature persane – prend cette fois les traits du « camarade » Zouhourcho, un mafieux qui parade avec un python en guise d’écharpe, dans les montagnes du Pamir au Tadjikistan. La trame fictive a pour toile de fond la guerre civile des années 90, après l’effondrement de l’URSS, avec son lot de changements et de désillusions. Au cœur de cette terre pauvre et rude vont se croiser les destins de sept narrateurs, un chiffre si riche en symbolisme.

 

« Outre l’intérêt culturel manifeste de ce livre qui permet de découvrir une culture méconnue, il convient de souligner la qualité du travail éditorial », insiste Sylvie Escat. « Le texte est émaillé d’une multitude de proverbes, aphorismes et sagesses populaires aux libellés souvent savoureux et poétiques. La traduction a certainement demandé une recherche approfondie des images originelles afin de les retranscrire dans un beau français ». Maryvonne Simoneau partage ce point de vue. Notamment sur la prouesse de la traductrice dans l’identification des personnages au fil de ces 571 pages ! « Ils ont tous des cultures différentes, ne sont pas de la même génération, ont des ambitions qui ne sont pas communes et pourtant le registre linguistique de chacun est réellement respecté : l’officier et son langage épuré, le journaliste et sa loquacité, les jumeaux adolescents et leur champ lexical limité ». Une notice éditoriale figure en tête de l’ouvrage, « prouvant ainsi un grand souci du respect de la langue, un travail rigoureux et titanesque ».

 

Zahhâk, le roi serpent a figuré parmi les sélections du Prix Russophonie.

 

 

Pour savoir laquelle des trois traductrices sera la lauréate de l’édition 2020 du prix, rendez-vous le 4 décembre prochain.

 

Consultez le site dédié au prix pour tout connaître sur le prix Pierre-François Caillé de la traduction, découvrir les membres du jury présidé par Bernhard Lorenz, ainsi que la sélection complète de l’année 2020 : Sélection 2020 du Prix Pierre-François Caillé de la traduction.

 

www.prixcaille.fr




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