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L'interprétation LSF

L’interprétation en langue des signes (LSF) est une forme d’interprétation simultanée permettant de faire le lien entre personnes sourdes et entendantes. Créant un véritable pont linguistique et culturel entre ces deux communautés, elle est assurée par des spécialistes formés aux techniques d’interprétation. Cette profession est récente, les premières formations datant des années 80. Pour mener à bien sa mission, l’interprète français-langue des signes doit être bilingue et posséder une excellente connaissance de la culture sourde. Le métier implique de respecter des règles déontologiques, dont les trois principales sont la neutralité, la fidélité et le secret professionnel.

La grande adaptabilité de l’interprète et sa curiosité intellectuelle seront des forces pour garantir l’accessibilité à la vie quotidienne, professionnelle, sociale, culturelle et citoyenne des personnes sourdes qui s’expriment en langue des signes. L’interprète en langue des signes travaille « dans les deux sens » ; les langues utilisées étant sur des canaux différents, la simultanée est parfaitement possible, quelle que soit la situation. Il s’agit d’interpréter des discours émis en français (à l’oral) vers la langue des signes ou des discours émis en langue des signes vers le français (à l’oral). L’interprète possèdera rarement une 3e langue de travail, bien qu’il puisse lui arriver, lors de séminaires internationaux par exemple, de travailler depuis une langue étrangère vers la langue des signes française, et inversement.

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Le saviez-vous ?
Chapô
La langue des signes n’est pas universelle ! On commence donc à voir des personnes sourdes se former à l’interprétation entre différentes langues des signes, pour répondre aux besoins de colloques internationaux auxquels participent des personnes sourdes du monde entier.
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Domaines d’exercice

Les interprètes en langue des signes interviennent dans des situations professionnelles ou privées. Il peut s’agir de besoins en :

  • Interprétation de liaison (entretien professionnel, consultation médicale, rendez-vous chez un notaire) ;
  • Interprétation lors de réunions (en entreprise, dans les services publics ou dans les institutions européennes et internationales) ;
  • Interprétation lors de formations (milieu scolaire, universitaire, professionnel) ;
  • Interprétation de conférence (assemblée générale, annonces gouvernementales, séminaire, colloque, débat public, meeting politique) ;
  • Interprétation lors de cérémonies (mariage, enterrement) ;
  • Interprétation à la télévision (journaux télévisés) ;
  • Visio-interprétation, à distance, afin de relayer un appel téléphonique entre une personne sourde et une entendante.

L’interprète peut exercer en statut indépendant, en salariat ou comme vacataire au sein d’une agence d’interprètes en langue des signes, mais aussi dans une structure nécessitant directement ses services (instituts de jeunes sourds, établissements spécialisés, structures hospitalières).

Depuis le début des années 2000, l’interprétation à distance se développe aussi, notamment via des sociétés qui rendent le téléphone accessible aux personnes sourdes. Avec la crise de la COVID-19, la demande d’interprétation à distance s’avère de plus en plus importante.

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Bon à savoir
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Comme toute langue vivante, la LSF est complexe, évolue et possède une pleine capacité d’expression et d’abstraction, ce qui permet de traduire aussi bien un entretien médical, qu’une conférence philosophique, une cérémonie, ou un cours de mathématiques. Elle possède ses propres grammaire et syntaxe, intimement liées à la perception visuelle puisque cette langue ne répond pas à une logique auditive. Les signes sont en effet basés sur l’utilisation des mains, du regard et de l’espace : les configurations des mains, leur emplacement, leur orientation et leur mouvement permettent de construire un discours équivalent à des mots, disposés devant soi comme sur une scène de théâtre. L’ordre de ces signes, ainsi que la direction du regard, aident à visualiser les relations (actif, passif…) et le temps (des signes tournés vers l’arrière pour le passé, vers l’avant pour le futur). Le visage et le mouvement des épaules expriment également les nuances du discours, les émotions, ou encore l’implicite. Parfois, la langue des signes aura recours à un alphabet manuel, appelé dactylologie, pour épeler certains mots ou noms propres.
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Bonnes pratiques

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Entraide
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Une journée de travail équivaut à 4 heures d’interprétation effective, elles-mêmes réparties en deux vacations (matin, après-midi ou soir). Certaines situations nécessitent toutefois des vacations plus longues (ce peut être le cas d’une conférence). Deux interprètes peuvent alors se relayer toutes les 15 à 20 minutes, un rythme qui permet de garantir une qualité égale de l’interprétation et évite à l’interprète de développer des troubles musculosquelettiques, des tendinites, etc.
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Conseil
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Bien que neutre et n’intervenant pas durant les échanges, l’interprète peut parfois conseiller sur la situation d’interprétation en précisant les conditions nécessaires à la réussite de son intervention : configuration du lieu, organisation de la situation de communication, placement des intervenants et intervenantes, recadrage lorsque son rôle n’est pas bien compris avec, si besoin, explication des règles déontologiques, etc.
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Polyvalence
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Face au manque d’interprètes français-LSF aujourd’hui, les membres de la profession se spécialisent moins que leurs homologues en langues vocales. Il faut souligner leur polyvalence, autant dans le type d’interprétation (liaison/formation/conférence) que dans les contenus.
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Chiffres clés

Statistiques (voir Résultats de l’enquête sur l’interprétation LSF)

 

 

Les différentes pratiques de l'interprétation en LSF

Certains interprètes français-LSF pratiquent aussi parfois la traduction écrite vers le français (à partir d’une vidéo en langue des signes qu’il convient de retranscrire en français écrit par exemple), mais plus rarement vers la langue des signes, un travail généralement confié aux traductrices et traducteurs sourds, dont c’est la langue première.

Le cas des traductrices et traducteurs sourds

La particularité de la traduction vers la langue des signes a trait au fait qu’elle n’offre pas de version écrite stricto sensu. Il s’agit d’un format vidéo. Traducteurs et traductrices doivent avoir une connaissance approfondie des deux langues de travail impliquées, tout en étant capables de déjouer les traditionnels et nombreux pièges de traduction. Seule une solide maîtrise des sujets traduits permettra de livrer un travail de qualité. Une traductrice ou un traducteur sourd devra absolument traduire vers sa langue maternelle LSF, dont elle ou il maîtrise toutes les subtilités. Le rendu sera alors fluide et fidèle, restituant précisément le message d’origine. Pour se former à ce métier, il existe un diplôme délivré par le Cetim (Université de Toulouse) intitulé : Licence 3 et Master « Parcours Traduction Interprétation et Médiation linguistique ».

En France, on évalue de 4 500 à 6 000 (source CRESAM) le nombre de personnes atteintes de surdicécité, un handicap rare associant la surdité et la cécité. Ces personnes ont besoin d’accompagnements particuliers, et notamment d’interprètes en langue des signes tactile. Il s’agit d’interprètes capables de traduire du français oral ou de la LSF vers la LSF tactile, et réciproquement. Un métier nécessitant des compétences, des techniques, et un état d’esprit qu’il faut acquérir via une formation supplémentaire. Contrairement à l’interprétation classique en langue des signes, qui s’adresse souvent à plusieurs personnes sourdes, l’interprète travaille ici pour un seul individu sourd et aveugle. Les personnes sourdes et aveugles ayant deux sens de recueil des informations à distance déficients (la vue et l’ouïe), l’interprète a pour mission d’être à la fois les yeux et les oreilles de ces personnes par rapport à leur environnement. Cette interprétation se pratique généralement en position assise, en face à face, les mains en contact afin que les propos soient perçus par le toucher, et elle implique des composantes paralinguistiques (transmission des émotions) et extralinguistiques (description de l’environnement) essentielles.

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Bon à savoir
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Les interprètes en LSF peuvent devenir experts près d’une cour d’appel et interpréter en milieu judiciaire.
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Comment facturer

La tarification est variable et se base sur les critères suivants :

En région parisienne, on pratique généralement une facturation à la demi-journée. C’est un forfait dans lequel tout est compris (interprétation, préparation, déplacement).

Partout ailleurs, on pratique une facturation à l’heure. Le tarif horaire comprend la préparation de la prestation. Les frais de déplacement et le temps de déplacement sont facturés en sus.

Il peut arriver qu’une majoration de préparation soit ajoutée en cas d’intervention d’une heure demandant beaucoup de préparation.

Une majoration est également appliquée si la prestation intervient en soirée, un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Les tarifs diffèrent selon le type d’interprétation, mais souvent aussi selon la clientèle (les tarifs « particulier » sont inférieurs aux tarifs « pro »).

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Comment se former

Formation initiale : Master d’interprétation français-LSF

En France, cinq formations universitaires délivrent un diplôme Master 2 d’interprétation en langue des signes :

 

Formation continue

En France, deux formations continues à l’interprétation en langues des signes existent :

 

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Les interprètes LSF à la SFT

  • « Rejoindre la SFT en tant qu’interprète LSF permet d’avoir des échanges avec des collègues différents, des profils plus variés que si l’on restait entre interprètes, traducteurs et traductrices LSF. Cela offre une plus grande ouverture d’esprit et un réel enrichissement. »
  • Témoignages et liens vers les portraits de membres [à venir]

 

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Ressources
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Associations professionnelles spécialisées telle l'AFILS (Association française des interprètes et des traducteurs en langue des signes)

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