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La traduction audiovisuelle

La traduction audiovisuelle est aussi désignée sous le nom d’adaptation audiovisuelle, qui fait peut-être mieux écho aux besoins de créativité du métier et de ses spécialités (doublage, voice-over, narration, sous-titrage voire surtitrage). Dans ce domaine, l’objectif est d’optimiser l’accessibilité de films, de programmes, de documentaires auprès d’un public cible. Cela requiert, pour commencer, une parfaite maîtrise de la langue de destination et une aptitude à travailler la concision des contenus. Traducteurs et traductrices audiovisuelles ont aussi une importante sensibilité pour le cinéma et l’audiovisuel, une grande curiosité, une capacité à se documenter de manière adéquate (sur des sujets parfois très pointus et des thématiques variées) et une maîtrise des logiciels propres à leur métier. Certains se spécialisent en doublage ou en sous-titrage, tandis que d’autres conservent plusieurs cordes à leur arc et sont capables d’intervenir dans divers travaux d’accessibilité.

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À l’instar de ses confrères et consœurs en traduction littéraire, l’adaptateur ou l’adaptatrice dans l’audiovisuel traduit des œuvres, ce qui lui confère le statut d’auteur ou autrice.
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Les différentes pratiques de la traduction audiovisuelle

Dans un film doublé, les acteurs et actrices qui prêtent leur voix doivent donner l’impression de s’exprimer dans la langue du public. C’est à l’adaptateur ou l’adaptatrice que revient la tâche de reproduire le sens des répliques dans la langue de destination tout en assurant, par une reformulation créative, une synchronisation entre mots prononcés et mouvement des lèvres. Pour aller plus loin, la contrainte de synchronisation concerne tout le jeu d’acteur, le rythme, la gestuelle et même les regards à l’écran. Cette adaptation est ensuite enregistrée en studio par des comédiens et comédiennes de doublage.

Essentiellement utilisé pour les documentaires, le voice-over n’implique pas cette notion de synchronisation, la voix dans la langue cible venant se superposer à la voix dans la langue source, que l’on entend toujours en arrière-plan. En narration en revanche, pas de superposition, mais la voix off dans la langue de destination remplace complètement l’originale. Pour l’une comme pour l’autre de ces disciplines, la principale contrainte a trait à l’encombrement : il faut faire dans la concision !

Ici, le public lit les sous-titres tout suivant l’action à l’écran dans la version originale du film, du documentaire ou de la série. Le sous-titrage implique donc un effort de concision important. Le nombre de signes est d’ailleurs limité pour chaque sous-titre ; cela fait partie des normes à respecter pour que le contenu audiovisuel soit pleinement apprécié, sans perte de temps à lire les sous-titres, au risque de passer à côté des images. Les sous-titres ainsi travaillés sont ensuite incrustés sur le support ou font l’objet d’une diffusion simultanée par la chaîne de télévision.
Dans le cas particulier de spectacles vivants (opéra, théâtre), un surtitrage, préparé en amont, est projeté en direct au-dessus de la scène.

Une partie de la profession se spécialise parfois dans l’accessibilité des films ou programmes : sous-titrage pour personnes sourdes et malentendantes, interprétation en langue des signes, audiodescription…
Pour le premier, il ne s’agit pas d’une traduction à proprement parler car elle s’effectue dans la même langue que celle du contenu source. En plus des dialogues, il faut transcrire les sons, dont les différentes catégories sont distinguées par des codes couleurs.
De même, en audiodescription, il ne s’agit pas d’une traduction à proprement parler, car les langues source et cible sont les mêmes. Toutefois, l’audiodescription traduit un message : celui de l’action. Le contenu ainsi traduit aide les publics non ou malvoyants à comprendre ce qui se déroule à l’écran. L’audiodescription venant s’insérer entre les dialogues et autres sons significatifs, ses textes respectent, eux aussi, une contrainte d’encombrement. Ils sont ensuite enregistrés en studio.
L’accessibilité est une notion que l’on retrouve en interprétation LSF.

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Les bonnes pratiques

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Éviter les rémunérations au forfait. En sous-titrage, l’unité traditionnelle est le sous-titre. En doublage, c’est la bobine de 10 minutes pour le cinéma, et la minute de programme pour la vidéo/télévision/SVOD. En voice-over, le référentiel est le feuillet de 1500 signes.
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Demander des délais corrects pour s’assurer de bonnes conditions de travail. La qualité du rendu en dépend !
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Éviter les traductions « relais ». L’adaptateur ou l’adaptatrice traduira en principe depuis la version originale et non pas depuis une langue tierce – généralement l’anglais – ce qui accroîtrait les risques d’appauvrissement et de contresens dans les textes.
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Les domaines d’exercice

Adaptateurs et adaptatrices exercent le plus souvent sous un statut indépendant, depuis leur domicile. Leur bureau est généralement envahi de larges écrans, de souris verticales et autres équipements facilitant l’utilisation des logiciels de doublage ou de sous-titrage. Il leur arrive de se rendre au studio pour contrôler leur texte pendant la vérification (en doublage) ou la simulation (en sous-titrage). On compte quelques postes salariés au sein de sociétés de post-production, aussi communément appelées « labos », mais plus rarement.

Les donneurs ou donneuses d’ouvrage sont des prestataires techniques mandatés par les ayant-droits (laboratoires de sous-titrage ou studios de doublage), ou directement les ayant-droits (sociétés de production ou de distribution).

Les adaptations sont principalement destinées au monde du cinéma ou de la télévision, mais aussi à des plateformes en ligne ou à des supports institutionnels, destinés à servir une communication d’entreprise. Les missions confiées impliquent parfois la traduction de scénarios, de « bibles » (glossaires) ou encore de dossiers de presse.

En adaptation audiovisuelle aussi, les métiers subissent les mutations du secteur de la traduction : arrivée et multiplication des plateformes de diffusion en ligne, raccourcissement des délais, enjeux de qualité revus à la baisse, intimement liés à la baisse continue des tarifs, obligation d’utiliser des plateformes internes pour traduire les contenus, mise en danger du droit d’auteur, etc. Un tableau parfois peu reluisant, qui n’encourage pas toujours les vocations (en tout cas dans les langues les plus pratiquées).

 

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Le saviez-vous ?
Chapô
Le tutoiement avec l’entreprise donneuse d’ouvrage est plus fréquent dans ce milieu professionnel que dans d’autres secteurs de la traduction !
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Comment facturer

Auteurs ou autrices, les membres de la profession perçoivent en principe des droits d’auteur, et non des honoraires. À la « prime de commande » s’ajouteront d’éventuels droits de diffusion, répartis par des organismes de gestion collective tels que la Sacem – car elle ne s’occupe pas uniquement de musique – pour la fiction et la Scam pour le documentaire. En marge de ce domaine d’exercice, les vidéos d’entreprise font exception : souvent courtes, elles sont rémunérées à l’heure.

Comment se former

En formation initiale, il existe aujourd’hui en France un certain nombre de masters d’adaptation audiovisuelle, ce qui implique un nombre croissant d’adaptateurs ou adaptatrices diplômées. Toutefois, bon nombre des collègues en exercice se sont formées sur le tas, sans avoir nécessairement fait d’études de traduction, même généralistes. Beaucoup ne pratiquent que l’adaptation audiovisuelle ; d’autres conservent plusieurs « casquettes », en traduisant par exemple à la fois pour les milieux de l’édition et de l’audiovisuel.

S’agissant de formation continue, il est possible d’apprendre à maîtriser de nouveaux logiciels ou des métiers complémentaires à son activité (notamment en lien avec l’accessibilité).

La traduction audiovisuelle à la SFT

À ce jour, si la SFT dénombre dans ses rangs quelques représentantes de la profession, sa commission Traducteurs-auteurs, plutôt axée sur l’édition, n’en regroupe aucune. En revanche, le syndicat entretient des liens étroits avec l’Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel (ATAA), créée en 2006, qui compte plus de 400 membres.

Contacter la commission Traducteurs-auteurs.

Témoignage

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Marie-Christine Guyon
Rejoindre la SFT permet de faire partie d’un ensemble de traducteurs et traductrices, ce qui donne plus de visibilité au métier. C’est aussi un bon moyen de bénéficier des réseaux d’échanges d’informations, qu’elles soient d’ordre terminologique, technique ou encore administratif. À chacun de faire bénéficier de ses bonnes pratiques dans le domaine de la traduction audiovisuelle, afin de préserver de bonnes conditions d’exercice pour tous.
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Ressources

  • Brochures SFT, liens vers les documents SFT
  • Association professionnelle spécialisée : ATAA (France)

Complément très détaillé à la présente fiche, qui en reprend l’essentiel :

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