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SFT – Prix Pierre-François Caillé de la traduction 2019 – Trois témoignages au cœur du Bloc de l’est
le 21-11-2019
par Comité Directeur

 

Nathalie Le Marchand, pour sa traduction du polonais de Les fruits encore verts, de Wioletta Greg, aux Éditions Intervalles.

 

Hektary est un village reculé, né de l’imagination de Wioletta Greg. Mais il est aussi un riche condensé de la vie rurale de la Pologne catholique et communiste des années 1970 et 1980. Le regard désabusé de la narratrice, une enfant à la lisière de l’âge adulte, dresse le portrait d’un quotidien dur, où la religion et des rites païens se mélangent aux ordres du Parti. La plongée ne date que de quelques décennies ; elle semble pourtant si lointaine de l’actuelle Pologne, très active au sein de l’Union européenne.

 

Pour Bernhard Lorenz, membre du jury, « la traduction menée par Nathalie Le Marchand a respecté la jeunesse de la narratrice, dont la langue acerbe m’a rappelé le personnage principal de Zazie dans le métro ou encore les discours de Greta Thunberg. Le vocabulaire est d’une grande simplicité, et pourtant d’une précision de scalpel. » Il demeure une dualité entre l’humour polonais et le ton grave et très alerte du personnage. « Cet habile jonglage donne à l’ouvrage une saveur tout en nuances. » À travers de multiples saynètes légères, une poésie au sens pastoral se dégage de ce court roman en forme de brillant exorcisme. « Les phrases sont vives et extrêmement mélodieuses, conférant au texte une douce musicalité, qui tient surtout au rythme de cette traduction soignée et d’excellente facture, plus qu’au contenu ou à la terminologie », détaille Mikaël Meunier, également membre du jury. Les Fruits encore verts, déjà traduit en anglais, italien, allemand, catalan et espagnol, a figuré sur la liste du Man Booker Prize International, sur celle du Prix Jan Michalski de littérature ainsi que sur celle du Prix Nike, l’équivalent polonais du Prix Goncourt.

 

 

 

Evelyne Noygues pour sa traduction de l’albanais de Le petit Bala, La légende de la solitude de Ridvan Dibra aux Éditions Le Ver à Soie.

 

La mort accidentelle, mais suspecte, de son père adulé, pousse Le petit Bala à mijoter sa vengeance contre un voisin un peu trop proche de sa mère. Ridvan Dibra, considéré comme l’un des cinq écrivains albanais les plus notables, reprend un récit populaire balkanique, travesti en roman, où la solitude, la cruauté et l’hostilité noircissent les âmes.

 

« La politique de correction de l’éditeur est à améliorer », tient à préciser Maryvonne Simoneau, membre du jury. « Cependant, la traductrice a su créer une forme de théâtralité malgré un lexique simple, sans être enfantin ou familier, et la présence d’une oralité tout à fait assumée. » Dans cet ouvrage émouvant, les chapitres sont courts et le style surprenant : les titres et fins de chapitres résument en quelques mots l’action, telle une morale de l’histoire, à la façon des contes d’autrefois. Evelyne Noygues a respecté avec délicatesse ces figures de style inventives et a savamment mis en avant le fil rouge de l’auteur : le thème de l’incommunicabilité entre les individus. « La traduction retranscrit sans faux-pas un registre juste et adapté, ressenti par un adolescent en proie à des comportements brutaux », complète Freddie Plassard, membre du jury. « Le tour de force est d’avoir donné une portée universelle, celle d’une parabole, à un récit plutôt intimiste. Bala n’est accepté de ses camarades qu’à un prix exorbitant, celui de perdre la vue, d’accepter de ne plus voir certaines réalités dérangeantes, notamment la relation de sa mère avec le voisin. C’est le prix de sa socialisation. »

 

 

 

Gabrielle Vincze, épouse Watrin, pour sa traduction du hongrois de Le Soldat à la fleur, de Nándor Gion aux Éditions des Syrtes.

 

Isolé dans son village rural et étriqué de Szenttamás, István, adolescent hongrois, rêve de contrées lointaines. Dans cet antre de la rudesse cohabitent, parfois avec difficulté, les différentes communautés serbes, hongroises, allemandes, tsiganes, juives… D’un calvaire surélevé, il observe les autres et s’évade dans ses rêveries, grâce à sa cithare et à la représentation peinte d’un soldat à l’air heureux arborant une fleur brodée sur son uniforme. Mais la Première Guerre mondiale sonne le glas de son univers.

 

« Ce récit présente deux facettes contrastées qui en font tout l’intérêt. Il a, en effet, à la fois une dimension historique – il relate les conditions de vie difficiles en Voïvodine, aujourd’hui province autonome de Serbie qui appartenait à l’époque à l’empire austro-hongrois avant de faire partie de la Yougoslavie – et une dimension onirique avec des passages très poétiques », argumente Françoise Wirth, membre du jury. « La traduction est une réussite puisqu’elle respecte avec brio l’alliance de ces deux aspects dans un texte d’une grande cohérence. La sensibilité, le rythme, les mots justes : tout y est ! » Le roman constitue le premier volet d’une tétralogie écrite en hongrois – langue minoritaire dans la région – débutée en 1973 et achevée en 2002. « J’ai aussi lu l’ouvrage en hongrois », ajoute Suzanne Boizard, hungarophone et également membre du jury, « La traduction rend avec fidélité l’essentiel du livre : l’atmosphère, les personnalités et la difficile cohabitation des communautés linguistiques. La prouesse de Gabrielle Watrin est d’avoir retranscrit ce langage frustre, simple sans jamais paraître littéraire. »

 

 

Pour savoir laquelle des cinq traductrices sera la lauréate de l’édition 2019 du prix, rendez-vous le 6 décembre prochain.

 

Consultez le site dédié au prix pour tout connaître sur le prix Pierre-François Caillé de la traduction, découvrir les membres du jury présidé par Philip Minns, ainsi que la sélection complète de l’année 2019 : Sélection 2019 du Prix Pierre-François Caillé de la traduction.

 

 

www.prixcaille.fr




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